Accessibilité numérique : le chantier oublié des contrats

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Il semblerait que l'accessibilité numérique soit le parent pauvre de la conformité

Les entreprises croulent sous le poids de la "conformité", gigantesque pieuvre alimentée sans relâche par l'activité législative et réglementaire européenne qui, avec les intentions les plus nobles, est venue transformer le quotidien du business en un coûteux champ de mines.

L'European Accessibility Act, dans ce contexte, n'est sans doute pas la première priorité, même s'il est sur le fond tout à fait justifié.

 Pourtant, le risque est réel. Après la phase pédagogique viennent les premières plaintes d'utilisateurs, dans un domaine suivi de près par la CNIL et la DGCCRF, et donc les risques de sanction et les risques d'image assortis.

Sous le capot : l'articulation des contrats

Les entreprises savent que leur site e-commerce ou leur application doit être accessible. Mais l'ingénierie contractuelle sous-jacente au fonctionnement d'un site de e-commerce repose sur de nombreuses briques elles-mêmes gérées par des acteurs différents :

  • Ce qui relève de la plateforme e-commerce elle-même
  • Ce qui dépend des modules ou extensions tiers (paiement, recherche, avis clients.)
  • Ce qui incombe à l'équipe interne (contenus, visuels, vidéos, PDF produits)

Quelques tips

La mise en conformité avec les obligations d'accessibilité numérique implique de rentrer à un certain niveau de détail dans les contrats avec les acteurs concernés pour être efficace en cas de mise en cause par une autorité :

  • Référence explicite aux standards visés (par exemple WCAG 2.1 AA)
  • Description du périmètre couvert (back-office, front-office, modules spécifiques)
  • Mécanisme de mise à jour en cas d'évolution des normes ou des textes
  • Recours en cas de non-conformité avérée (correctifs, indemnisation, résiliation facilitée)

Sans oublier que l'accessibilité n'est pas un état figé : elle peut se dégrader après une mise à jour défectueuse. Les contrats doivent également :

  • Préciser la fréquence minimale des tests ou audits
  • Prévoir un canal de remontée des anomalies d'accessibilité, distinct du support classique

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L'accessibilité numérique est une obligation pour tous les sites de e-commerce pour les nouveaux services à partir du 28 juin 2025. Les services existants "similaires" disposent de 5 ans de plus pour respecter ces obligations. Mais qu'est-ce vraiment qu'un service "similaire" ?
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Dans le domaine des contrats financiers, la notion de "remise" des documents précontractuels imposés par une disposition légale lors d'un parcours dématérialisé soulève de nombreuses difficultés de preuve et alimente un contentieux non négligeable. La Cour d'Appel de Bourges, dans un arrêt du 3 avril 2026 (n°25/00088), valide a contrario la solution consistant à signer électroniquement, de façon individualisée, le document en question. C'est selon nous une excellente option pour diminuer l'aléa judiciaire afférent.
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En mai 2025, nous avons publié sur ce site un article intitulé : « signature électronique, les juges se rebiffent ». Eh bien ils se rebiffent de plus belle car la tendance se maintient. Depuis lors, beaucoup de décisions concernant la signature électronique ont été rendues au niveau des cours d’appel, parmi lesquels un bon nombre de refus qui, pour la première fois, concernent le leasing professionnel et le crédit immobilier.
Leur analyse est instructive.