Projet IT en dérive : choisir entre médiation, expertise amiable et recours judiciaire
Lorsqu'un un projet IT est en souffrance, trois options se présentent : médiation, expertise, mise en demeure éventuellement suivie d'une assignation. Elles ne sont pas interchangeables et une analyse s'impose avant de choisir la plus appropriée dans le contexte
La médiation conventionnelle est une excellente solution lorsque le désaccord est sérieux mais que les parties ont un intérêt commun à préserver la relation : dépendance technique, réversibilité inachevée, livrables partiellement exploitables, etc. Elle permet de discuter calendrier, reprise de gouvernance, pénalités, sortie progressive ou transaction, dans un cadre confidentiel. Encore faut-il que les deux parties soient d'accord pour y recourir, ce qui peut s'évérer difficile si une clause de médiation conventionnelle préalable à toute action judiciaire n'a pas été prévue au contrat.
L'expertise amiable est appropriée quand le différend porte sur les faits techniques : conformité, origine d'un incident, partage des responsabilités entre client, intégrateur, éditeur et éventuellement autres acteurs. Elle éclaire mais ne tranche pas. Bien menée, elle devient souvent le socle d'une négociation ou d'une médiation ultérieure.
Le recours judiciaire, qui commence par une mise en demeure, s'impose lorsqu'il y a urgence et/ou qu'il faut prendre date ou préserver des preuves, ou parfois si la relation est irrémédiablement compromise. Rien n'empêche de l'initialiser, puis d'envisager une médiation conventionnelle en parallèle. C'est parfois même le juge, et de plus en plus, qui pourra imposer une médiation judiciaire : le domaine de l'IT s'y prête particulièrement car les responsabilités sont le plus souvent très imbriquées et la décision judiciaire risque d'être insatisfaisante pour toutes les parties.
Il n'y a pas de solution standard : il faut prendre le temps d'analyser la situation, avec l'aide d'un conseil le cas échéant, avant d'emprunter la meilleure voie. Les dérapages de projets IT ont des impacts financiers importants et la meilleure voie est celle qui optimise le rapport coûts/attente opérationnelle.