Projet IT en dérive : choisir entre médiation, expertise amiable et recours judiciaire

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Lorsqu'un un projet IT est en souffrance, trois options se présentent : médiation, expertise, mise en demeure éventuellement suivie d'une assignation. Elles ne sont pas interchangeables et une analyse s'impose avant de choisir la plus appropriée dans le contexte

La médiation conventionnelle est une excellente solution lorsque le désaccord est sérieux mais que les parties ont un intérêt commun à préserver la relation : dépendance technique, réversibilité inachevée, livrables partiellement exploitables, etc. Elle permet de discuter calendrier, reprise de gouvernance, pénalités, sortie progressive ou transaction, dans un cadre confidentiel. Encore faut-il que les deux parties soient d'accord pour y recourir, ce qui peut s'évérer difficile si une clause de médiation conventionnelle préalable à toute action judiciaire n'a pas été prévue au contrat.

L'expertise amiable est appropriée quand le différend porte sur les faits techniques : conformité, origine d'un incident, partage des responsabilités entre client, intégrateur, éditeur et éventuellement autres acteurs. Elle éclaire mais ne tranche pas. Bien menée, elle devient souvent le socle d'une négociation ou d'une médiation ultérieure.

Le recours judiciaire, qui commence par une mise en demeure, s'impose lorsqu'il y a urgence et/ou qu'il faut prendre date ou préserver des preuves, ou parfois si la relation est irrémédiablement compromise. Rien n'empêche de l'initialiser, puis d'envisager une médiation conventionnelle en parallèle. C'est parfois même le juge, et de plus en plus, qui pourra imposer une médiation judiciaire : le domaine de l'IT s'y prête particulièrement car les responsabilités sont le plus souvent très imbriquées et la décision judiciaire risque d'être insatisfaisante pour toutes les parties.

Il n'y a pas de solution standard : il faut prendre le temps d'analyser la situation, avec l'aide d'un conseil le cas échéant, avant d'emprunter la meilleure voie. Les dérapages de projets IT ont des impacts financiers importants et la meilleure voie est celle qui optimise le rapport coûts/attente opérationnelle.

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la Cour d’Appel de Pau (CA Pau, 12 février 2026, RG n°25/01900) vient de rendre une décision fort intéressante relative au lieu de conclusion d’un contrat signé électroniquement. Dans cet arrêt, qui concernait un contrat de travail, elle considère qu’opter pour le lieu de localisation physique de l’une ou l’autre des parties pour désigner le lieu de conclusion du contrat n’a pas de sens, car cette prétendue localisation résulte d’une adresse IP, qui peut être modifiée ou falsifiée, et adopter cette position entraînerait une forte insécurité juridique.
L’impact de cette décision est directement lié à la question de la loi applicable au contrat et/ou de la juridiction compétente lorsque, dans le cas où les parties avaient la liberté d’en convenir, elles ne l’ont pas fait.
Il s’agit d’une première !
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Point à mi-année 2026 sur la jurisprudence des Cours d'appel relative à la signature électronique :
- Confirmations des bonnes pratiques en matière de présentation aux juges des documents signés électroniquement.
- Elargissement des typologies de contrats concernés.
- Tendance à la hausse des usurpations d'identité.
Date :
Sur la période de fin mars à mi-avril 2025, les Cours d’appel ont rendu une quinzaine de décisions sur la signature électronique. Près de la moitié d’entre elles refusent de reconnaître la signature du contrat par voie électronique, ce qui est un ratio exceptionnellement élevé par rapport à ce que l’on avait coutume de voir. Nous avons analysé ces décisions négatives.